Jour 13 Venise en liberté
14 mai 2007
Venise, à votre goût

Ville mythique tant pour son romantisme que pour sa puissance en tant qu’empire maritime Venise comptait 331 454 habitants en 1986, répartis sur ses 117 îles. Ville née d’un exode, ce fut la quatrième croisade qui lui permit d’asseoir son pouvoir économique en étendant ses ramifications jusqu’en Chine au grand dam de Gênes. De la croisade convoquée en 1202 et lancée par Innocent III, Venise rapportera 3/8 du butin en plus d’avoir pris soin d’éponger la dette contractée envers elle par ses alliés.
Les canaux
Qui peut penser à Venise sans laisser son imagination couler vers les 200 canaux. Le plus vaste et le plus connu est le Grand Canal. Il serpente la ville du long de ses trois kilomètres, et c’est en le suivant que l’on peut admirer les plus beaux édifices particuliers de Venise puisque c’est au Grand Canal que les palais montrent leur plus belle face. Ornées de loggia et d’arcades, les résidences rivalisent de beauté et de magnificence à l’instar des voisins modernes qui veulent une plus grosse piscine que celle qui se trouve dans la cour d’à côté. Les vaporetti (autobus version Venise) est toutefois plus indiqué que la gondole pour voir les palais marchands.

Aux 400 ponts lancés d’une rive à l’autre répondent les trois ponts qui traversent le Grand Canal : le pont du Rialto, le Ponte Accademia et le Scalzi, tout près de la gare. Le Ponte di Rialto, le plus connu des trois, fut nommé d’après le nom de la première colonie de Venise, le Rivo Alto. Construit une première fois en bois, il s’effondre en 1500, c’est alors qu’Antonio da Ponte (un peu ironique, je sais), dessine la structure de pierre qui croule encore sous les boutiques mais qui ne s’écroule pas.
Maritime jusque dans l’âme, Venise est née de l’eau et risque fort d’y trouver sa sépulture si les actions entreprises pour maintenir le niveau de l’eau échouent, c’est ce que les 2 mètres d’eau qui couvraient la Place Saint-Marc en 1966 ont rappelé.


Piazza San Marco
Ayant déjà traité de la Place dans les textes sur la cathédrale Saint-Marc et le Palais des Doges, je me contenterais d’ajouter qu’il s’agit de la seule « piazza » officielle de Venise (les autres n’étant que des « campi »). Serait-ce pour cette raison qu’il y a tant de pigeons?




Tour contenant les cloches de l’église, le campanile de briques, avec ses sextes, ses nones et ses vêpres, marquait le temps des Vénitiens. Offrant l’un des points de vue sur la ville avec ses 96 mètres de hauteur, il servit également de tour de guet et… république maritime oblige, de phare. Alors qu’on le restaurait en 1902, le campanile s’est effondré. Ce que nous voyons est en fait le fruit de la reconstruction datant de 1912.
Torre del Orologio
Construite entre 1496 et 1499 selon un dessin de Coducci, la Tour de l’Horloge témoigne du souci du temps de l’homme plutôt que du temps de Dieu. La construction d’une telle tour modifie profondément la fonction des cloches de l’église qui garde son rôle d’appel à la prière, mais qui ne rythme plus tous les aspects de la vie citadine. L’horloge devient la marque de l’apogée des marchands en indiquant le temps des affaires. Notons aussi que cette horloge indique les phases lunaires, la constellation ascendante et… l’heure.
Basilica di San Marco

La cathédrale de Venise est l’une des rares qui ne domine pas la ville par sa hauteur. C’est qu’il ne s’agissait pas d’une église ouverte à tous mais bien de la chapelle personnelle du doge. Majestueuse et confortablement sise Place Saint-Marc, qu’elle éclaire de ses marbres polychromes, elle contraste avec les autres bâtiments (Palais des Procuraties) qui encerclent la place, eux qui étaient destinés à l’administration de la ville (maintenant des musées). Sa façade élégante, avec les chevaux (cavalli di San Marco, aussi appelés “chevaux de Constantin”) volés à Constantinople après la chute de la ville lors de la Quatrième croisade, cache un brin de coquinerie : parmi les tympans, un mosaïste s’est fait le plaisir de représenter la Place Saint-Marc qui lui fait face.
Pour en voir et en savoir plus sur la basilique Saint-Marc, cliquez ici.
Palazzo Ducale
Fonction créée en 697 afin d’assurer la cohésion à Venise en éliminant les risques de conflits d’intérêts, le doge, qui ne devait pas être vénitien, devenait le dirigeant de la cité-état pendant quelques années. Sans verser dans les détails, le doge a graduellement perdu tout ses pouvoirs exécutifs alors que Venise devenait une République.
En 1310, les Vénitiens établissent le Conseil des Dix, dix personnes choisies parmi les membres du Grand Conseil (créé en 1171) deviennent juges et administrateurs avec des pouvoirs illimités. C’est à l’intention de ce groupe qu’une petite ouverture en forme de tête de lion a été ménagée dans le bâtiment, les habitants pouvaient y déposer, en tout anonymat, des dénonciations que le Conseil des Dix examinait.

Pour en voir et en savoir davantage sur le palais des doges, cliquez ici.
Fabrique de verre soufflé
Autre célébrité vénitienne très recherchée par les touristes, le verre (soufflé ou non) est généralement nommé « verre de Murano » Il tient son nom d’une île tout près de Venise où les souffleurs vénitiens ont dû se retirer en raison des trop grands risques d’incendie que leur travail provoquait. Reconnu comme incassable (ce dont un vendeur de verres aux prix exorbitants a bien tenté de nous convaincre), le verre de Venise est reconnu depuis 1292 pour sa qualité et ses six couleurs (sept si « incolore » est une couleur pour vous) issues d’un mélange entre la pâte de verre et des composantes minérales naturelles.

Autre célébrité vénitienne très recherchée par les touristes, le verre (soufflé ou non) est généralement nommé « verre de Murano » Il tient son nom d’une île tout près de Venise où les souffleurs vénitiens ont dû se retirer en raison des trop grands risques d’incendie que leur travail provoquait. Reconnu comme incassable (ce dont un vendeur de verres aux prix exorbitants a bien tenté de nous convaincre), le verre de Venise est reconnu depuis 1292 pour sa qualité et ses six couleurs (sept si « incolore » est une couleur pour vous) issues d’un mélange entre la pâte de verre et des composantes minérales naturelles.

Indéniablement impressionnant, ce cheval de verre (et non de fer) nous donne un petit aperçu de la magie qu’opèrent les souffleurs de verre. Maintenant vendu principalement à des fins esthétiques, on oublie que le verre soufflé est avant tout né de fins pratiques, ce que nous rappelle le Museo Vetrario de l’île de Murano avec ses urnes funéraires en verre.
Le carnaval

Pour les touristes, ce couple montre un exemple de costumes carnavalesques, masques inclus.
Pendant européen du carnaval de Rio (en plus vêtu), le carnaval de Venise célèbre le Mardi-Gras (Jour précédent le Mercredi des Cendres, premier jour du Carême) avec extravagances et folies. Anonymes sous leurs masques et les costumes, les fêtards peuvent laisser libre cours à leurs plaisirs les plus fous Le carnaval n’est pas la seule raison de la popularité des masques vénitiens, c’est que les personnages de la comedia dell’arte s’en couvraient également. Chaque personnage avait une forme de masque qui lui était propre, alors préfériez-vous celui de Arlecchino (Arlequin), de Pantalone ou celui qui s’est ajouté plus tardivement à la collection, celui de Casanova?
Les lions


Sur les palais familiaux, sur les églises, sur les places, et même sur le drapeau de la ville, Venise est couverte de lions. Animal au symbolisme ambigu pouvant à la fois être le signe du courage et celui du mal, le roi des animaux est avant tout, pour les vénitiens, l’animal attaché à leur saint patron. Le Moyen Âge étant très friand de représentations symboliques, chacun des évangélistes possédait une transfiguration qui lui était propre et que nous retrouvons dans presque toutes les églises encore aujourd’hui.
Saint Luc : bœuf
Saint Mathieu : homme ou l’ange, selon les fantaisies de l’artiste
Saint Jean : aigle
Saint Marc : lion
Chiesa di Frari



Si les cours de M. Boglioni ne vous ont pas convaincus de l’importance des ordres mendiants au cours du Moyen Âge, visitez tout de suite la Basilicata di Santa Maria Gloriosa dei frari, mieux connue sous les noms plus brefs de « chiesa di Frari » ou « San Polo ». Construite en 1340, âge d’or des ordres mendiants, cette église gothique appartenant aux Franciscains recèle en son sein (que nous ne saurions voir faute de pouvoir le photographier) le « Saint-Jean-Baptiste » en bois de Donatello et des toiles de Bellini., À cela s’ajoutent deux œuvres de Titien (« Assomption » et « La vierge et son enfant entourés de saints et des membres de la famille Pesaro ») ainsi qu’une œuvre de la mère du peintre : c’est dans cette basilique que reposent les restes de Tiziano Vecellio Titien, élève de Bellini, employé de Giorgione, mort à Venise en 1576 alors qu’il connaissait déjà la célébrité du haut de ses 86 ans.
L’arsenal

Utilisé comme entrepôt pour le commerce local et international en plus de servir de chantier de construction, l’arsenal sert maintenant de musée de la marine où l’on peut admirer maquettes de navires, costumes et armes.
Pour en voir et en savoir davantage sur l’Arsenal, cliquez ici.
Chiesa Santa Maria dei Miracoli


Les rues et les résidences


Les gondoles

Considérées par plusieurs comme le summum romantique des moyens de transport, les gondoles sont le symbole touristique de Venise. Qui ne connaît le fameux cliché du gondolier s’époumonant sur un « Ô sole moi » bien senti? Si les touristes sont attachés à cette image, les gondoles, quant à elles, sont plutôt attachées au « bricoles », grandes tiges de bois peintes qui retiennent les embarcations et qui les empêchent de se fracasser les unes sur les autres à cause de la houle. À l’époque des palazzo des grandes familles, les bricoles étaient peintes aux couleurs des propriétaires des palais.

Scuola grande di San Rocco
Dédiée à saint Roch, saint patron protecteur de la peste (et des ennuis érectiles selon un des étudiants voyageurs), cette église presque entièrement peinte par Jacopo di Robusti dit il Tintoretto (Le Tintoret) en raison de son père teinturier. Le peintre, à travers d’autres engagements (Palais des Doges, Confrérie de San Marco,…), consacra 23 ans de sa vie à peindre l’église. Il ne quittant sa ville natale qu’une seule fois au cours de sa vie et ce fut pour aller étudier les dessins de Michel-Ange à Rome.
La scuola est une association de type « confrérie » qui réunit les individus dans des manifestations de dévotion (processions) et de soutient social (support financier aux veuves). La scuola de saint Roch était particulièrement puissante à Venise en raison des craintes associées à la prolifération de la peste, inévitable dans toute ville pratiquant un commerce outre-mer vigoureux. Les confréries du genre étaient généralement rattachées à une église particulière.
Île de San Giorgio Maggiore
